10 juin 2013 Villetaneuse (France)

Des récits au coeur de la société

 Jason Rhoades, installation, Art Basel 42, Jason Rhoades, Untitled (From the body of work:
My Madinah: in pursuit of my ermitage…)
,
2004, Hauser & Wirth - David Zwirner.
Courtesy of Art Basel,(D.R.)

 

 

 

 

 

 

 

Une journée d'études internationale organisée par Mireille Brangé et Magali Nachtergael

Centre d'Etudes des Nouveaux Espaces Littéraires (CENEL EA 452)
Université Paris 13 Sorbonne Paris Cité

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"Innombrables sont les récits du monde. C'est d'abord une variété prodigieuse de genres, eux-mêmes distribués entre des substances différentes, comme si toute matière était bonne à l'homme pour lui confier ses écrits : le récit peut être supporté par le langage articulé, oral ou écrit, par l'image, fixe ou mobile, par le geste et par le mélange ordonné de toutes ces substances ; il est présent dans le mythe, la légende, la fable, le conte, la nouvelle, l'épopée, l'histoire, la tragédie, le drame, la comédie, le pantomime, le tableau peint (que l'on pense à Sainte Ursule de Carpaccio), le vitrail, le cinéma, les comics, le fait divers, la conversation. De plus, sous ces formes presque infinies, le récit est présent dans tous les temps, dans tous les lieux, dans toutes les sociétés ; le récit commence avec l'histoire même de l'humanité ; il n'y a pas, il n'y a jamais eu nulle part aucun peuple sans récit ; toutes les classes, tous les groupes humains ont leurs récits, et bien souvent ces récits sont goûtés en commun par des hommes de culture différentes, voire opposées : le récit se moque de la bonne et de la mauvaise littérature : international, transhistorique, transculturel, le récit est là, comme la vie."
 
Roland Barthes, “Introduction à l’analyse structurale du récit”, Communications, 1966

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Dans le cadre des « Nouveaux Espaces Littéraires » et de la volonté de rapprochement disciplinaire du CENEL autour de problématique transversales telles que le récit, la journée d’études Récits de société : quelles approches critiques ? propose de faire se rencontrer les chercheurs en narratologie, en histoire et en sciences sociales et de la communication autour de la notion novatrice de « récit de société ». Cette journée d’études est donc pluridisciplinaire tout en abordant un phénomène contemporain de la narrativité élargie : les récits et leur construction dans l’espace social. 

Le public visé sont les chercheurs et doctorants, travaillant principalement en histoire, littérature, mais aussi linguistique et sciences de la communication. Les participants venus d’Europe et du Canada nous permettront de croiser les approches disciplinaires et les méthodes. 

Le but de la journée d’études est d’ouvrir le champ des études littéraires à des récits qui ne sont pas forcément considérés comme de la littérature : écrits des bas-fonds, journalisme littéraire, micro-récits, fictions politiques ou économiques, aspects narratologiques et transmédiatiques. 

Cette journée fera l'objet d'une publication dans la revue Itinéraires. Littérature, textes, cultures.

 

Programme prévisionnel

Matinée

Construction d’une notion (histoire, communication, anthropologie) 

  • François Dingremont – EPHE (postdoctorant) : Sous les concepts, le récit. Pour une conception non utilitariste du « storytelling »
  • Phuong N’goc Nguyen U. Aix Marseille (CNRS) : Les rois Hùng, ancêtres légendaires du Vietnam. Récits d’origine pour une nation multiethnique
  • Ambre Abid-Dalençon – U. Paris 4 – (GRIPIC - doctorante) :  « Récits de société » : quels récits pour quelle société ?

Traversée des genres I

  • Sophie Létourneau – U. Laval (Canada) : Joan Didion, activiste littéraire 
  • Pascal Gin – U. Carleton (Canada) : Souci narratif et enjeux de mobilité : le récit de société à l’épreuve du reportage littéraire

Après-midi

Traversée des genres II

  • Thomas Vuong – U. Paris 13 (CENEL) : Vie sociale et vie intérieure : la position lyrique dans les sonnets de Gwendolyn Brooks, Pier Paolo Pasolini et Tony Harrison
  • Sabrina Parent – FNRS Université Libre de Bruxelles (Belgique)  – Fables « intermédiales » du temps, entre « mémoire du présent » et « mémoire de l’oubli » : My Name is Time de Myriam Hornard et L’Énigme du retour de Dany Laferrière

Visions du (dés)ordre social

  • Véronique Desnain  – U. d’Edimbourg (Royaume-Uni) : Polar et société : la position du tireur caché (autour de Jean Patrick Manchette
  • Jacqueline Guittard – U. Picardie Jules Verne : Autopsies en série : la transparence et l'ombre (Dexter, Bones, Body of Proof, Autopsie, Suspect n°1...)

Discussion et conclusion de la journée par Anne Larue, Paris 13.

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